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Sortir du "j'ai raison" "tu as tort"

Dernière mise à jour : 9 avr.


Les relations entre êtres humains sont à la fois source de grands bonheurs, mais également des plus grandes souffrances. Suivant les affinités, nous pouvons expérimenter un beau sentiment d’harmonie avec certains et de profondes déceptions avec d'autres.


Certains chercheurs se sont penchés sur le sujet pour mieux comprendre ce qui rend un être humain heureux d'un autre malheureux. Une grande enquête* dans les année 1930 diligentée par les équipes d'Harvard a révélée que seule la qualité de relation à soi et aux autres est source d'une vie réussie.


Aussi nous pouvons nous demander quelle serait la recette idéale pour améliorer notre entente avec nous-même et les autres.


*800 hommes et femmes toutes CSP confondues


Relations satisfaisantes et insatisfaisantes, tout est une question de besoins !


Lorsque nous vivons des relations agréables avec l'autre c'est très souvent parce que nos systèmes de valeurs sont proches, mais ceci malheureusement n'est pas le cas avec tout le monde.

A l'inverse en cas de désaccords ou conflits, c'est la traduction que nous n'arrivons pas à nous entendre, mais surtout que nous ne parvenons pas à nourrir mutuellement nos besoins. Nous ne comprenons pas la façon de réagir de l'autre et nous allons avoir deux types de comportements (voire 3) : croire que c'est la faute de l'autre, croire que c'est de notre faute ou un peu des deux.


Ce que nous disent nos interlocuteurs n’est que la partie émergée de l’iceberg de ce qu'ils souhaitent vraiment nous dire. Derrière des paroles parfois maladroites, se cachent de profonds besoins inassouvis, qui n'ont souvent pas de liens avec nous. La personne (1) qui critique ou qui juge, va croire que l'autre (2) est la cause de ses maux, et que seul l'autre (2) va pouvoir résoudre le mal être ou l'inconfort qui est en train de se vivre chez elle (1). Le ou les besoins qui ont envie d'être satisfaits dans cette situation ne dépendent ni d'une chose ni d'une personne ni d'un évènement.


Les besoins sont universels et communs à l'ensemble des êtres humains. Ils varient en fonction des situations et des moments de vie. La personne (1) n'a donc pas conscience à ce moment là qu'elle a les ressources pour satisfaire ses propres besoins et qu'elle ne dépend pas de l'autre.


Toutes les stratégies qui cherchent à nourrir les besoins sont propres à chacun et c'est par elles que naissent les conflits, les guerres parfois, car elles sont relatives à l'histoire des individus et de leurs expériences de vie... qui leurs sont propres.


L'adulte en effet ne fait que reproduire ce qu'il a appris dans son passé, et agit en grande majorité de manière inconsciente (95%). Ce socle de croyances le fait réagir de façon automatique. Il reproduit les comportements de "papa" "maman" et des adultes référents de son enfance, sans même s'en rendre compte (s'il n'a pas questionné son histoire personnelle). Sans compréhension et conscience, les expériences de même nature se reproduisent de manière répétitive.




Mais alors comment faire pour sortir de ce cycle infernal ?

Il est nécessaire tout d'abord de passer par une phase de compréhension de comment fonctionnent ces mécanismes psychiques. Les parties de nous qui réagissent, sont uniquement des facettes de nous (les sub-personnalités), mais elles ne constituent pas la globalité de que nous sommes. Ce sont des êtres multiples qui vivent des sentiments et des besoins, qui varient en fonction des situations, et qui sont en lien avec la période 0-8/10 ans que nous avons vécue.

Certains de ces aspects sont très petits (moins de 8 ans) et d’autres plus grands (lien article autoempathie). Tant que nous ressentons de la colère, de la peur, de la tristesse (…) dans une situation donnée qui implique une autre personne, c’est le signe que la partie de nous en question (que nous appelons aussi "enfant intérieur") a besoin d’être accueillie dans ce qu’elle vit.

Tant que la personne croira que "c'est la faute de l'autre", elle ne pourra regarder avec véracité ce qui se passe en elle, ce qui s'active en elle. C'est uniquement lorsque la part blessée pourra se sentir comprise dans ce qu'elle vit (avec un processus empathique ou autoempathique) qu'elle pourra s'apaiser, et aura ensuite les moyens de préserver le lien avec l'autre.

Nous ne prenons pas suffisamment le temps de nous occuper d’abord de nos parts intérieures. Ceci a pour conséquence qu’on peut facilement déverser nos sentiments désagréables sur l’autre, en mélangeant à tort « ce que je ressens » de ce que « fait l’autre ». Nous pensons souvent immédiatement que l’autre « nous fait quelque chose » « que c’est de sa faute », mais dans l’absolu l’autre ne représente que le stimulus, et la réaction que nous avons nous appartient.


Il y a autant de réactions que d'êtres humains, car autant de façons de réagir que de croyances et donc d'histoires personnelles.



Alors comment mettre plus de conscience dans nos échanges ? Comment prendre la responsabilité de nos émotions ?


Dans les trucs et astuces qui peuvent nous aider à ne pas s'embarquer dans nos réactions émotionnelles habituelles, c'est d'apprendre à sortir du "j'ai raison / tu as tort". Répondre par des critiques aux jugements des autres ne mène nulle part : toute forme de jugement de l’autre, entraine à coup sûr qu’à son tour il nous juge, et ceci peut durer indéfiniment.

Aussi, nous n'avons à priori pas de pouvoir sur le "nourrissement" des besoins des autres, mais nous pouvons y contribuer. S'occuper de nos besoins d'abord n'est pas un acte égoïste, mais un acte responsable qui nous permet ensuite d'être pleinement disponible à l'autre.

Il est en effet vain de vouloir fonctionner avec un vase vide et de sans cesse satisfaire les besoins des autres, si nous même ne nous occupons pas de remplir nos propres besoins.


L'auto-observation peut nous aider à prendre davantage conscience de nos comportements et de potentiellement pouvoir y remédier. Les prises de conscience sont en effet la première marche du changement.

Enfin, un travail sur l'accueil des parts et des croyances (auto-empathie), permet à coup sûr de faire baisser le niveau de tensions émotionnelles chez soi, pour ensuite avoir les moyens de communiquer vers l'autre (en dehors de tout jugement).


Ce qui est relaté dans cet article est issu de plusieurs années de formation en Communication Non Violente. Cette approche impulsée par Marshall B. Rosenberg a fait ses preuves à travers le monde, mais demande du temps. C'est un peu comme si l'on apprenait une nouvelle langue. Parler à partir de ce que nous ressentons (sentiments/besoins), n'est en effet pas aisé, et il est plus facile de rester dans ses conditionnements, dans le langage commun, teinté de jugements, critiques, blames, déni de responsabilité etc...

Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez nous rejoindre à la prochaine formation ‘Relation à soi/autres autres’* en cliquant sur le lien ici. A la suite de cette formation des ateliers de pratique gratuits sont proposés chaque mois afin de pérenniser les apprentissages**.


* inspiré de la CNV

** lieu Ambérieu en Bugey

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